2017:  résister, plus que jamais

Tous les commentateurs sont d’accord : l’année 2016 fut un très mauvais cru. Températures les plus élevées jamais enregistrées depuis qu’existe la météorologie ; meurtrière guerre sans fin au Moyen-Orient, avec les ressacs en Europe de millions de réfugiés venant y quémander la survie et de quelques fanatiques désespérés y ramenant la mort ; montée en puissance des extrêmes droites poussées par des institutions européennes  qui n’imaginent comme politique que l’ultra-libéralisme et l’austérité pour le plus grand nombre ; multiplication des « démocratures », avec des dirigeants plus ou moins autoritaires, de Poutine à Erdogan, de Kaczynski à Orban… Et l’on n’attend guère mieux pour 2017, avec Ubu qui va devenir roi à Washington et les mesures antisociales prises par le gouvernement nationaliste-libéral belge (loi Peeters & Co) qui vont commencer à faire sentir leurs effets et augmenter le nombre de précaires dès ce début d’année. Vous avez peur ? Vous avez bien raison !

Mais la lucidité n’empêche ni l’espoir ni le courage. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mènent pas !

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2017 : « Se laisser cuire à p’tit feu ou vivre l’utopie ? »

16 janvier 2017

Communiqué des « Amis de la décroissance »

Les « Amis de la Décroissance Nancy» ont invité récemment deux experts du Comité « Adrastia » pour nous sensibiliser à la préparation des grands changements mondiaux à venir.

– vidéo de la conférence visible sur nos sites –

Le rapport du Club de Rome (dit « rapport Meadows »), qui avait prédit en 1972 l’emballement climatique actuel, a été mis à jour en 2012 : les experts prédisent de nouveau des catastrophes majeures dès 2020 et estiment que « pour empêcher la destruction du monde il faut s’imposer une décroissance radicale« .

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Les vidéos de la conférence « Adrastia » en ligne

L’effondrement selon Meadows

Lors de leur conférence du 3 décembre à Nancy, Adrien Couzinier et Vincent Mignerot nous ont rappelé qu’en 2012 Meadows déclarait “It is too late for sustainable development, now it’s time for resilience”. Les mirages rassurants des nouvelles technologies et l’emploi orwellien d’oxymores telles que “croissance verte” ou “développement durable” ne doivent pas faire oublier qu’il n’y a d’espoir que dans une diminution importante et rapide de notre consommation matérielle et énergétique.

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Le temps de la décroissance est-il venu ?

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Cela ressemble parfois au mouvement de la Transition et c’est très proche de l’objection de croissance: la Décroissance.
De nombreux contemporains ne croient plus dans les illusoires promesses de l’oligarchie politique et économique.
Ils sont conscients qu’il faut radicalement changer, pas seulement de dirigeants mais de mode de vie.

Depuis 2 ou 3 ans, on sent cette prise de conscience se développer mais n’est-ce pas très minoritaire? L’Observatoire Société et Consommation (ObSoCo), un organisme lié au monde du marketing, vient de répondre en réalisant un sondage international dans 6 pays qui a interrogé 12.000 personnes sur leurs options de mode de vie. Les résultats sont sur leur site.

Selon l’étude, 86% des individus sont conscients de la situation environnementale préoccupante. Dans un contexte où la société s’organiserait pour faire face à la crise environnementale, les gens sont prêts à revoir encore plus leurs modes de vie :

• 75% seraient prêts à réduire leurs déplacements et à privilégier la proximité ;

• 60% seraient prêts à abandonner l’automobile personnelle ou l’avion ;

• 76% se disent d’accord pour moins consommer ;

• 85% accepteraient d’utiliser des objets plus longtemps ;

• 75% achèteraient des produits d’origine locale, voire faire plus par eux-mêmes ;

• 39% des personnes interrogées estiment qu’un ’’changement radical dans l’organisation de l’économie et de la société, revenant à produire moins et à consommer moins’’ serait la meilleure manière de répondre au défi environnemental ».

Certes, 29% comptent encore sur le progrès scientifique et technique pour trouver des solutions aux graves problèmes sociaux et environnementaux mais : «Le changement de paradigme est davantage privilégié par les plus jeunes alors que plus on remonte dans les générations, plus l’espoir reste fondé sur le progrès scientifique et technique. » Beaucoup souhaitent donc échapper aux obligations consuméristes. Le temps de la décroissance est donc venu. Bonne nouvelle !

 

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RENDRE VISIBLE LA DECROISSANCE, C’EST MAINTENANT

La situation politique générale est au déchaînement sans fard de la violence sociale tant contre les humains (loi travail, stratégie policière du choc…) que contre la nature (NDDL, Europacity, Bure, extractivisme et déchétisme…).

La « croissance et son monde », c’est toujours la croissance de cette violence sociale et écologique. Face à cela, les « décroissants » doivent-ils rester les spectateurs de la société du spectacle, les collaborateurs de l’économie productiviste, les alter-consomm’acteurs de la société de consommation et de publicité ?

Comment ne pas constater pourtant – de Podemos à Nuit debout, mais aussi de Trump/Sanders (pour les USA) à Duterte (aux Philippines) – une demande informe de repolitisation de la société et de la politique ? C’est là que les décroissants doivent assumer une responsabilité démocratique : il ne faut pas laisser le champ libre aux pseudo-radicalités qui empruntent les fausses pistes de la réaction religieuse ou raciste. Ni à ces tentatives multiples, qui se qualifient de « citoyennes », « populaires », et qui placent la charrue des procédures avant les bœufs du projet : même l’exploration la plus ouverte de formes démocratiques doit se faire dans un cadre fondé explicitement et préalablement sur un certain nombre de ruptures, avec l’individualisme, avec le travaillisme…

Les « décroissants » ont fait ces constats depuis longtemps ; mais politiquement ils les ont faits en ordre dispersé : contribuant ainsi directement à leur propre invisibilité politique.

C’est pourquoi depuis l’automne 2015, des « décroissants » éparpillés se sont lancés dans le projet d’une « maison commune » pour faire apparaitre la décroissance en tant que telle.

Ce « processus » pratique une démarche ouverte et exploratoire, en donnant autant de place à l’imagination qu’aux leçons du passé. Des rencontres ont déjà eu lieu pour préparer les débats et les futures décisions à prendre : beaucoup de propositions ont déjà été avancées avec la double ambition d’être à la fois systémique et « clivant et identifiant ».

Ce processus est ouvert et se nourrit de l’enthousiasme. Il va se poursuivre lors des (f)estives organisées cette année à Pontarlier du 13 au 17 juillet 2016. La ligne d’horizon est bien, à l’automne 2016, une assemblée générale constituante de cette « maison commune » de la décroissance.

Ce processus ne part pas de zéro mais il s’appuie d’ores et déjà sur deux axes parfaitement clairs : d’une part, il s’agit bien de « décroître », c’est-à-dire de repasser sous les plafonds de l’insoutenabilité écologique et de l’indécence sociale, il s’agit bien de résister à l’effondrement qui vient ; d’autre part, chacun peut s’y intégrer en suivant la modalité dans laquelle il se sent le mieux : les luttes de résistances (le Contre) comme les alternatives concrètes (le Pour), la présence dans le champ politique classique, sans oublier l’indispensable travail en profondeur et en radicalité d’une refondation politique et idéologique.

Nous qui avons débuté ce « processus », nous appelons tous les décroissants à s’y joindre pour le modifier, le discuter, le faire vivre, ensemble, de plus en plus nombreux.

A bientôt

http://processus-decroissance.xyz/

 

LA LETTRE de l’Objection de Croissance


RENCONTRES et FORMATIONS à l’ECOLOGIE SOCIALE
et municipalisme libertaire, démocratie directe, autonomie et confédéralisme.

Vendredi 08 Juillet 2016 à 10 H
La Pâquelais
– Vigneux de Bretagne (44)

Nous venons de conclure les premières rencontres internationales de l’Ecologie Sociale à Lyon. Quand ces rencontres ont été organisée, aucun(e) d’entre nous n’avait prévu l’émergence du mouvement Nuit Debout qui s’est développé depuis le 31 mars en opposition à la loi travail et à son monde. Lors de ces rencontres, nous avons constaté que ce mouvement trouve un écho très pertinent dans la pensée de l’Ecologie sociale développée par  Bookchin ( démocratie par en bas , con-fédéralisme) :

– l’affirmation de la démocratie directe et de l’assemblée populaire comme mode de fonctionnement du mouvement.
– au-delà de la question du travail, la dénonciation de toutes les formes de domination, ce qui se remarque par la tenue de commissions thématiques permanentes abordant une très grande variété de sujets.
– la recherche d’une base de mobilisation la plus large possible, au-delà des secteurs de luttes plus traditionnels.

De plus, la Nuit Debout parisienne a servi de détonateur à l’émergence de rassemblement du même genre dans le France entière et même au-delà, au plus près des mobilisations locales, ce qui pourrait être un prémisse de ce que Bookchin appelle le municipalisme libertaire.
La pensée de Bookchin reste peu connue en France. Pour les raisons énoncées plus haut, il nous semble de toute première importante de la diffuser le plus largement, en miroir avec les autres courants de l’écologie radicale et avec les mouvements en cours.
Une nouvelle rencontre/formation sur  l’écologie sociale à Notre-Dame des Landes va dans ce sens.
Cette rencontre, sur une journée, aura d’abord pour but de proposer une mise à niveau collective sur les propositions de l’Ecologie sociale (radicale et autogestionnaire), ainsi que la poursuite de nos échanges sur l’éclairage que ces théories peuvent apporter au mouvement actuel de démocratie citoyenne et d’autonomie sociale.

Un programme précis vous sera communiqué ultérieurement.
Floréal Roméro traducteur de Bookchin en Espagne sera présent .

D’ors et déjà, trois lectures indispensables :

« Murray Bookchin et l’écologie sociale » de Vincent Gerber.

« Le municipalisme libertaire » de Janet Biehl

« Murray Bookchin pour une écologie sociale et radicale » de Vincent Gerber et Floréal Romero

Ovrages disponible sur notre site librairie librairie : www.objectiondecroissance.org/librairie

Il est probable que nous demanderons à chacun une participation au frais de l’ordre de 5€. Camping gratuit possible.

Pour vous inscrire à cette journée de formation : contact@rencontresecologiesociale.org

 

Le Carnet de la Décroissance numéro 2 vient de paraitre !

La fin des villes, reprise de la critique
Mécanismes et impensés de la métropolisation
et de ses Méga-Régions


Ouvrage coordonné par Guillaume Faburel et Mathilde Girault

associant 13 autres contributeurs,
tou-te-s militant-e-s et/ou chercheur-e-s.

Pour retisser des liens respectueux avec la terre face à la crise écologique, des liens plus justes face aux inégalités socio-territoriales béantes, des liens démocratiques face à la défiance envers les professionnels de la politique et leurs experts, la réponse de nos gouvernants est…13 Métropoles et 13 Méga-Régions.

Nombre magique pour conjurer le sort.

Mais lequel ? Celui d’enrayer un déclin de la croissance productiviste, en accélérant davantage le virage néolibéral de nos villes : dans la planification (financière), la production (capitaliste), le fonctionnement (marchand) et la gestion (entrepreneuriale) de l’urbain.

Ce numéro 2 des Carnets de la Décroissance propose de reprendre la critique, à la fois économique, sociale et écologique, des métropoles actuelles, en mettant en avant leurs effets internes (ex : ségrégations) comme externes (ex : exclusion des 2/3 du territoire national), ainsi que en lumière d’autres réalités allant à contre courant (décroissance urbaine, imaginaires de plus en plus négatifs de la grande ville, évaluation des bien-être régionaux…).

Cette reprise de la critique donnera lieu à une reprise de l’action par des alternatives habitantes et citoyennes dans le numéro 3 des Carnets de la Décroissance

Format A5 – 120 pages – 7 €

Linky : dix péchés capitaux contre la liberté, les droits de l’Homme et la démocratie

Contribution des «Amis de la Décroissance Nancy» ( ADN) aux collectifs « Stop Linky »
stoplinky54.over-blog.com

Derrière le tableau convenu d’un compteur électrique augmentant le confort, améliorant la maîtrise de la consommation, permettant de mieux intégrer les énergies renouvelables et dont le joli nom fait penser au chien du voisin, se cache en réalité un puissant projet de contrôle social des populations. Dix caractéristiques inquiétantes doivent nous interroger :

1 ) Le danger: la technique du CPL – Courant Porteur en Ligne – n’est pas adaptée aux fils électriques des maisons, qui ne sont pas « blindés ». Le CPL ajoute en fait une couche d’ondes électromagnétiques le long de tous les fils électriques, très nombreux particulièrement à proximité du compteur. Tous les êtres vivants sont sensibles aux ondes, d’ailleurs les animaux ne se couchent jamais à proximité d’une borne électromagnétique. La recherche officielle peine à fournir des preuves, à cause de crédits venant aujourd’hui presque exclusivement des multinationales, mais les chercheurs indépendants accumulent les indices accablants. Il serait déconseillé de dormir ou de stationner longtemps à proximité d’un compteur communicant, même protégé par une paroi : tremblements, insomnies, maux de tête, nausées… et à terme, dégénérescence des capacités cognitives et abaissement du Q.I., maladies neurologiques et cancers du cerveau … Les ondes électromagnétiques sont classées comme potentiellement cancérigène par l’OMS depuis 2011. Où est passé le principe de précaution inscrit dans la Constitution ?

2 ) La dissimulation: les sociétés de distribution de l’énergie communiquent le moins possible sur la pose des compteurs communicants. En France, une seule lettre l’averti, quelques temps à l’avance, n’indiquant pas la date de l’intervention ; les compteurs sont ensuite posés sans prévenir s’ils sont dans les communs, les prestataires revenants en cas d’opposition ( ils sont payés en bonus/malus sur la pose). Si les compteurs sont à l’intérieur des appartements, les employés tentent de forcer le passage: «C’est obligatoire mais c’est gratuit» est leur leitmotiv. ERDF veut imposer Linky en catimini par quartiers pour prendre de vitesse les résistances possibles. Pourquoi une telle politique du fait accompli ?

3 ) La contrainte: dans les rares réunions publiques où ERDF est contraint de se justifier, on apprend que la police n’accompagnera pas les employés pour forcer les portes comme aux Etats-Unis et que l’amende de 1500 euros demandée initialement contre les réfractaires a été refusée par les députés; mais ERDF explique aussi que ceux qui réussissent à échapper à l’obligation auront une sanction ultérieurement, par une facturation élevée et arbitraire des frais de relevé de compteur. L’opérateur joue l’intimidation pour poser rapidement un maximum de compteurs, avant de s’attaquer ensuite aux récalcitrants. Pas de quartier pour les électro-sensibles déclarés – quelques % de la population – car les compteurs s’imposent à tous sans discernement. Quel argument valable pour justifier une telle contrainte?

4 ) Le contrôle: le compteur «Intelligent» – il faut comprendre «Intelligent» dans le sens anglais de «Renseignement», comme «Intelligence Service» ou «Services Secrets» – permet de connaître les habitudes de vie, à l’intérieur du domicile, de chaque individu grâce à sa dépendance à l’électricité. Selon le directeur d’ERDF P. Monloubou, «Linky est un élément du Big Data», ce Big Brother électronique en gestation qui permettra de tout contrôler. Linky surveille déjà les terroristes et repère les plantations illicites en intérieur, mais il pourrait un jour surveiller tout le monde, comme ceux qui dérangent par leurs opinions ou leur comportement, si les conditions politiques venaient à changer (un Etat de siège par exemple). Il s’agit donc bien de compteurs électriques intrusifs dont le potentiel permettrait de surveiller et punir à distance : Linky serait-il contraire à la Constitution pour atteinte manifeste à la vie privée ? (des plaintes ont été déposées)

5 ) La menace: plus besoin d’êtres humains pour relever les compteurs – Linky supprimera au passage 6000 emplois – ni pour couper l’électricité : une machine automatique suffira. Il faudra alors payer dans les délais : gare aux retardataires et malheur aux pauvres. Linky permettra aussi de couper sélectivement l’alimentation de n’importe quel appareil électrique d’un foyer. Il faut savoir que le ministère de l’intérieur ainsi que d’autres administrations – en plus des sociétés commerciales – pourront avoir accès aux données. Laisser à des tiers la possibilité de faire à distance des coupures totales ou sélectives d’électricité au domicile est à l’évidence une perte d’autonomie propre à susciter la docilité des usagers-citoyens. Est-ce l »un des objectifs de «Linky»?

6 ) L’injustice: le communicant d’ERDF pour Nancy explique qu’une «voiture électrique consomme l’électricité de tout un quartier en recharge rapide, de tout en immeuble en recharge normale et de toute une maison en recharge lente». La voiture électrique a le gros avantage de délocaliser sa pollution sur le lieu de production de l’électricité, et non pas lorsqu’on utilise sa voiture (l’ignorance pourra alors se marier à merveille avec l’hypocrisie, car la pollution est plus importante, avec les 2/3 de l’énergie primaire perdue dans la transformation en électricité, qui voyage mal et se stocke encore plus mal). L’horizon de 4×4 électriques pétaradants pour sauver la planète, au milieu d’une grande précarité énergétique, paraît une conséquence logique de la combinaison entre la fin programmée des énergies fossiles (qui servent encore à produire plus des 3/4 de l’électricité, en France comme dans le monde), la croissance des inégalités, et le tout électrique avec Linky voulu par la loi de «transition énergétique». Voudrait-on pouvoir couper plus facilement l’électricité à des pauvres bientôt trop nombreux?

7 ) L’insécurité: les compteurs communicants détraquent les appareils électriques, chauffent comme de gros modems et surchauffent parfois jusqu’à l’incendie – 8 incendies durant les phases de tests en France. Ils sont plus « bêtes » qu’intelligents car ils ouvrent la voie à des pannes, des dysfonctionnements et des cyber-attaques : récupération des données pour cibler des cambriolages et possibilité pour des terroristes d’attaquer l’ensemble du réseau électrique (les activités liées à la sécurité, comme l’armée, ont d’ailleurs sagement refusé Linky). C’est pour ces raisons que les compagnies d’assurances refusent de couvrir les risques des compteurs communicants. Qui couvre alors les risques ?

8 ) Le gaspillage: 35 millions de compteurs français non toxiques et en parfait état de marche vont être mis à la poubelle – recyclés selon ERDF – et remplacés par des compteurs communicants plus fragiles, à la durée de vie moins élevée – 10 ans, augmentée à 15 ans puis récemment à 20 ans – pour un coût de 5 à 7 milliards d’euros, couvert par un emprunt sur 20 ans auprès des marchés financiers (alors qu’EDF est empêtré dans les surcoûts du nucléaire). Mais ces nouveaux compteurs pourraient vite devenir obsolètes – ERDF parle d’ailleurs de «prémisses d’un système évolutif menant au Big Data» -, car le but de cette première génération est seulement de faire accepter le principe de compteurs pouvant surveiller et punir à distance. La facture de cette fuite en avant dans le contrôle high-tech sera bien sûr répercutée – lissée dit l’opérateur – sur les factures d’électricité, donc payée par les usagers. Là où des compteurs communicants ont déjà été installés comme au Québec, on constate une multiplication des plaintes, un engorgement des tribunaux, une augmentation des impôts et des tarifs d’abonnements, ainsi qu’une légère augmentation de la consommation d’électricité, car les moyens pour surveiller la consommation existaient déjà avant, tandis que les nouveaux compteurs consomment pour leur fonctionnement.

9 ) L’avidité (et l’hypocrisie): dans les brochures destinées à ses partenaires commerciaux, ERDF tient un discours aux antipodes de la sobriété : Linky «bénéficiera à l’ensemble de la filière électrique: fournisseurs, distributeurs, producteurs, équipementiers, startups..», car Linky sera «défini par le marché». Les données sur la consommation électrique vont donc être revendues à des sociétés privées pour démarcher des «clients», alors qu’ ERDF devrait d’abord remplir une mission de service public auprès d’usagers. De plus, les compteurs communicants sont un projet porté par les gros détenteurs de capitaux à l’échelle mondiale; or ce sont des individus qui deviennent de plus en plus riches (selon les statistiques, ils ne sont plus que 63 en 2015 à être aussi riches que la moitié du monde, contre 320 en 2010 ) et ne savent plus quoi faire de leur argent, au point de financer les délires high-tech les plus dangereux (manipulation du vivant, du climat …). Ils gaspillent allègrement, se déplacent en jet privés, gagnent de l’argent en vendant de l’énergie et en faisant produire tout un tas de d’objets inutiles et énergivores, vendus à grand renfort de publicité. Ils seraient atteints de « pléonexie » (cupidité qui pousse à prendre toujours plus que ce qui nous revient). Comment croire que le but de tels commanditaires est de promouvoir une maîtrise de la consommation ?

10 ) Le mépris: les compteurs électriques sont la propriété des collectivités (des communes à l’origine). Tout un arsenal juridique a été concocté à l’avance pour les rendre incompétentes afin d’imposer Linky : la propriété a d’abord été transférée à des communautés de communes – comme la Cugn pour Nancy – non élues directement et donc plus sensibles aux pressions des lobbies économiques qu’à celle des citoyens. Ces Grands Non Elus (GNE) ont avalisés Linky il y a quelques années sans débats, comme souvent pour les décisions concernant la technologie (wifi, antennes relais, etc…). Sur un sujet qui touche le domicile, les décisions contraignantes ont été prises d’en haut, par la Commission Européenne et par les chefs de gouvernements, avec l’aval de parlementaires généralement absents, comme ce fut le cas en France au printemps 2015. Tout cela pour couper court aux contestations possibles des élus de base : plus d’une centaine de communes en France ont refusé formellement Linky début 2016, depuis son lancement fin 2015. Pourquoi un tel contournement de la démocratie?

Conclusion : ces quelques indices laissent supposer que les compteurs communicants sont d’abord un puissant outil de contrôle des populations, décisif dans le prochain contexte de raréfaction de l’énergie et de l’électricité que les gros détenteurs de capitaux anticipent. Leur projet de domination et de contrôle s’appuie sur des relais politiques de plus en plus coopératifs et sur l’éco-technocratie, cette nouvelle caste annoncée il y a 40 ans par Charbonneau, Ellul ou Illich, qui nous prépare un Enfer vert high-tech, pour le compte d’une hyper-classe mondialisée ayant peu de point commun avec le commun des mortels. Ces compteurs mouchards et toxiques dévoilent très bien le spectre d’une «décroissance oligarchique», digne de la science fiction, aux confins d’Orwell et du «Meilleur des mondes».

Les caractéristiques de mise en place des compteurs communicants, et notamment leur caractère obligatoire, sont les mêmes au départ pour tous les pays. Les variations viennent du degré de résistance des populations : ainsi, la Californie dispose d’une «option de retrait» ; les Pays Bas ou l’Allemagne ont renoncé à rendre Linky obligatoire sous la pression des citoyens ; etc…

Il est donc urgent de mobiliser les français pour, au minimum, faire revenir le gouvernement sur sa décision d’imposer Linky par la contrainte, et au mieux, pour redonner aux communes et aux citoyens un pouvoir sur les décisions technologiques qui impactent l’intérieur du domicile.

+ d’infos :
stoplinky54.over-blog.com

Communiqué de Presse d’Initiatives Décroissantes pour le Climat

Les objecteurs de croissance rassemblés dans les Initiatives Décroissantes pour le Climat dénoncent, sous prétexte de l’état d’urgence, l’interdiction des manifestations des 29 novembre et 12 décembre à Paris, ainsi que plus largement toutes les atteintes au droit de manifester où que ce soit en France. Comme les Désobéissants et l’Assemblée parisienne anti COP, et d’autres sans doute, nous appelons à nous rassembler le dimanche 29 à 12 h comme prévu place de la République. Nous appelons tous ceux pour qui l’urgence n’est pas un état, mais un faisceau d’urgences planétaires à prendre à bras le corps (urgences climatique, écologique, sociale, démocratique, politique… urgences de paix et de liberté) , à nous y rejoindre, afin d’y exprimer le plus large rejet de l’état de guerre que veut nous imposer le gouvernement français. Cette guerre n’est pas et ne sera jamais notre guerre ! Si la place de la République est mise en état de siège, ce qui est à craindre, alors, comme d’autres déjà le proposent, nous irons marcher partout ailleurs dans Paris et y diffuser largement un message de paix, de solidarité et de fraternité universelle, autour de l’escargot de la décroissance.

contact : initiativesclimat@objectiondecroissance.org

La traction animale en grande surface

Une prospective à l’ère de l’anthropocène                                

 La possibilité d’une agriculture vraiment durable

 

430 millions de paysans dans le monde utilisent 112 millions d’animaux de trait, tandis que seulement 30 millions d’agriculteurs – dont 85% dans les pays du Nord – utilisent la traction motorisée; enfin, 800 millions de paysans n’ont que leur mains et ne disposent parfois que d’une houe ( source FAO 2010 ).

Malgré l’hécatombe provoquée par l’expansion continue de l’agriculture industrielle, les animaux de trait ( chevaux, buffles, mulets, bœufs, ânes ) contribuent encore à nourrir une part importante, sinon majoritaire, de la population mondiale, souvent sur des marchés locaux dans des pays dits «pauvres», où ils sont d’ailleurs utilisés comme unité de référence pour évaluer la valeur des choses importantes.

Pour la plupart des paysans, la traction animale reste le rêve le mieux partagé, bien que souvent inaccessible, tandis qu’en occident, malgré une timide renaissance, elle est majoritairement perçue comme l’archétype du retour en arrière pénible (1).

La «découverte» de l’anthropocène au tournant du millénaire – c’est à dire de la nouvelle ère géologique ouverte par les conséquences des actions humaines – devrait  inciter les occidentaux à modifier leur perception de la traction animale, pour redécouvrir les qualités de résilience et d’efficacité de cette low-tech par excellence.

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Pour le climat, Grève de l’économie !

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Si le climat est bien issu d’une « organisation sociale », alors sa défense mérite une grève de l’économie !

Chacun peut constater que le climat est devenu le produit – ou plutôt le déchet – d’une organisation sociale : le capitalisme productiviste, c’est-à-dire un modèle industriel de production et de consommation qui induit des modes de vie appuyés presque exclusivement sur des énergies carbonées fossiles, et sont donc l’une des principales causes des dérèglements climatiques.

Cette organisation sociale se caractérise par l’engloutissement de la société par et dans l’économie. Cela signifie non seulement que toute la vie sociale est quasiment réduite à sa dimension économique mais aussi que c’est toute la chaîne économique qui s’attaque à tous les pans de la vie sociale : extraction → production → redistribution → consommation → déchets.

Car en amont de la production, il y a l’extraction c’est-à-dire une violence exercée contre la nature, réduite à n’être qu’un stock de « ressources ».

Car en aval de la consommation, il y a les déchets que les fariboles de l’économie circulaire présentent aussi comme des « ressources », mais qui empoisonnent l’air, l’eau et les sols.

Pas question enfin de croire qu’il suffirait d’une simple redistribution des « richesses » pour, comme par magie, rompre radicalement avec toute cette « économie » des gaspillages et des gâchis, écologiques, sociaux et bien évidemment démocratiques.

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ADOC – EPOC 54 – Élections départementales : construction politique de la décroissance

Communiqué de presse

Les résultats des élections départementales du 22 mars dans les cantons de Nancy expriment la possibilité de l’existence d’une force politique clairement anti-productiviste.

Les candidats décroissants d’EPOC 54 ont obtenu 5,17 % des suffrages dans le canton de Nancy1 et 3,25 % dans le canton de Nancy3.

Cette joyeuse nouvelle donne l’espoir de la construction d’un contre-pouvoir citoyen pour la création d’une société d’après-croissance écologique et pacifique.

Cela montre qu’un débouché politique est possible en convergence avec des actions alternatives concrètes qui visent à sauver le climat, les ressources et les liens sociaux (Alternatiba, Colibri, Stop Bure …).

Les candidats remercient les citoyens qui les ont soutenus et ont participé à cette avancée.

Lionel Chambrot ; Myriam Pilati ; Joe Labat ; Virginie Wawrzyniak

 

Voir ci-dessous les documents de campagne :

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Candidats « Majorité Citoyenne »

Élections Départementales 2015 – Nancy 1 et 3

ADOC / EPOC 54 ( Écologie, Pacifisme et Objection de Croissance )

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Ce texte est une version complète d’environ 3 pages. Voir ici version « profession de foi » de 2 pages A4 en PDF : programme_Canto_2015_Citoyens

La France comme le reste du Monde vit des bouleversements profonds lourds de conséquences pour le devenir de la civilisation, voire de l’Humanité : ressources bientôt épuisées, climat déjà déréglé, espèces en voie d’extinction. Face à ce suicide écologique qui remet en question le mode de vie occidental, les politiques professionnels restent muets par peur de déplaire et de compromettre leur carrière. C’est pourquoi des citoyens ordinaires doivent se lever pour résoudre des problèmes d’une ampleur inconnue jusqu’ici ; nous n’avons rien à perdre et tout à gagner. Plutôt qu’implorer l’improbable retour d’une croissance économique destructrice, créons ensemble des chemins de traverses pour bien vivre maintenant et demain : travaillons pour une Décroissance réfléchie, pacifiste et joyeuse.

1 ) Sauvegarder les territoires Préserver les ressources et les équilibres naturels, qui sont les premières richesses communes à partager. Empêcher leur privatisation et les transmettre en bon état aux générations à venir. – ménager les territoires et les budgets des collectivités : s’opposer aux  Grands-Projets-Inutiles-Imposés (GPII) qui, pour intensifier une mise en concurrence non durable entre les hommes et les territoires, trouent, découpent et défigurent à jamais les pays. – refuser les autres projets d’une méga machine productiviste qui s’emballe et portent atteinte à la vie. Par exemple en Lorraine, l’enfouissement de déchets nucléaires éternels à Bure, ou l’extraction de gaz de couche à Tritteling polluant l’air et l’eau pour toujours. – stopper la bitumisation et la bétonisation des sols, qui avancent au rythme de la surface d’un département tous les 10 ans en France. Cela hypothèque notre capacité à pouvoir vivre un jour en autonomie avec des ressources renouvelables de proximité. S’opposer à la réforme territoriale, qui accompagne le gigantisme en cours et éloigne encore les citoyens des lieux de décisions politiques. Renforcer plutôt que supprimer les échelons existants que sont le département (taillé à la mesure du cheval et de l’égalité)  et la région, somme de pays groupés en provinces. Lire la suite »