2017:  résister, plus que jamais

Tous les commentateurs sont d’accord : l’année 2016 fut un très mauvais cru. Températures les plus élevées jamais enregistrées depuis qu’existe la météorologie ; meurtrière guerre sans fin au Moyen-Orient, avec les ressacs en Europe de millions de réfugiés venant y quémander la survie et de quelques fanatiques désespérés y ramenant la mort ; montée en puissance des extrêmes droites poussées par des institutions européennes  qui n’imaginent comme politique que l’ultra-libéralisme et l’austérité pour le plus grand nombre ; multiplication des « démocratures », avec des dirigeants plus ou moins autoritaires, de Poutine à Erdogan, de Kaczynski à Orban… Et l’on n’attend guère mieux pour 2017, avec Ubu qui va devenir roi à Washington et les mesures antisociales prises par le gouvernement nationaliste-libéral belge (loi Peeters & Co) qui vont commencer à faire sentir leurs effets et augmenter le nombre de précaires dès ce début d’année. Vous avez peur ? Vous avez bien raison !

Mais la lucidité n’empêche ni l’espoir ni le courage. Les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mènent pas !

Il importe donc de nous tourner vers les lieux de résistance qui existent çà et là. On est parfois grandement étonné du silence des médias dominants sur ces alternatives originales. Ainsi, dans le nord de la Syrie, le Rojava vit une expérience étonnante, si peu mise en évidence. Les Kurdes, peuple sans territoire, y mettent en place un régime exemplaire, plus que démocratique, où des femmes musulmanes prennent une place majeure. Ce modèle, qu’il se nomme confédéralisme démocratique ou municipalisme libertaire, est inspiré par un anarchiste américain, Murray Bookchin, et promu par un révolutionnaire emprisonné depuis 19 ans dans une geôle turque, Abdüllah Öcalan. Tout cela fait évidemment un peu tache dans la logique dominante du désordre établi et en parler déplairait sans doute à « notre ami Erdogan » qui retient, pour quelques milliards d’euros, ces réfugiés qui fuient les islamistes et que certains ne veulent pas voir « chez nous ».

On croyait pourtant avoir compris ce qu’il fallait arrêter, en 2008, lors de la crise financière qui nous accable encore toujours aujourd’hui : tous les commentateurs ont conclu que si le monde tourne si mal, c’est à cause de la cupidité, de l’avidité, de l’appétit immodéré pour le toujours plus de fric qui a poussé les banquiers à faire des folies dangereuses (dangereuses pour les autres, évidemment). Mais tout le monde n’a pas retenu la leçon.

On assiste donc au triple mouvement prôné par les décroissants depuis 10 ans :
1 – à titre personnel, de plus en plus de personnes renoncent à l’avidité matérialiste et décident de vivre plus simplement ;
2 – de manière collective, ils sont nombreux à s’engager dans des activités communes, pas seulement les nouveaux mouvements de transition (GAC, AMAP, SEL, repair cafés, monnaies locales, potagers collectifs…) mais aussi dans le tissu associatif ancien (social, culturel, environnemental, nord-sud…) en tant que bénévoles ou à s’engager professionnellement dans des coopératives plutôt travailler dans le secteur à finalité lucrative
3 – et surtout, cette option nouvelle commence à avoir des relais au niveau politique ; les décroissants se sentent moins seuls et beaucoup réalisent que le choix sera entre la récession, brutale et faisant des dégâts chez les moins favorisés et la décroissance, atterrissage en douceur où une des décroissances prioritaires est celle des inégalités.

Il y a mille manières de résister au productivisme/consumérisme mais nous nous permettons de vous suggérer, modestement, de participer aux activités des décroissants de Nancy qui, allié avec d’autres, se battent pour que l’année 2017 marque le début de la sortie du marasme dans lequel nous a plongé le néolibéralisme.

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