RENDRE VISIBLE LA DECROISSANCE, C’EST MAINTENANT

La situation politique générale est au déchaînement sans fard de la violence sociale tant contre les humains (loi travail, stratégie policière du choc…) que contre la nature (NDDL, Europacity, Bure, extractivisme et déchétisme…).

La « croissance et son monde », c’est toujours la croissance de cette violence sociale et écologique. Face à cela, les « décroissants » doivent-ils rester les spectateurs de la société du spectacle, les collaborateurs de l’économie productiviste, les alter-consomm’acteurs de la société de consommation et de publicité ?

Comment ne pas constater pourtant – de Podemos à Nuit debout, mais aussi de Trump/Sanders (pour les USA) à Duterte (aux Philippines) – une demande informe de repolitisation de la société et de la politique ? C’est là que les décroissants doivent assumer une responsabilité démocratique : il ne faut pas laisser le champ libre aux pseudo-radicalités qui empruntent les fausses pistes de la réaction religieuse ou raciste. Ni à ces tentatives multiples, qui se qualifient de « citoyennes », « populaires », et qui placent la charrue des procédures avant les bœufs du projet : même l’exploration la plus ouverte de formes démocratiques doit se faire dans un cadre fondé explicitement et préalablement sur un certain nombre de ruptures, avec l’individualisme, avec le travaillisme…

Les « décroissants » ont fait ces constats depuis longtemps ; mais politiquement ils les ont faits en ordre dispersé : contribuant ainsi directement à leur propre invisibilité politique.

C’est pourquoi depuis l’automne 2015, des « décroissants » éparpillés se sont lancés dans le projet d’une « maison commune » pour faire apparaitre la décroissance en tant que telle.

Ce « processus » pratique une démarche ouverte et exploratoire, en donnant autant de place à l’imagination qu’aux leçons du passé. Des rencontres ont déjà eu lieu pour préparer les débats et les futures décisions à prendre : beaucoup de propositions ont déjà été avancées avec la double ambition d’être à la fois systémique et « clivant et identifiant ».

Ce processus est ouvert et se nourrit de l’enthousiasme. Il va se poursuivre lors des (f)estives organisées cette année à Pontarlier du 13 au 17 juillet 2016. La ligne d’horizon est bien, à l’automne 2016, une assemblée générale constituante de cette « maison commune » de la décroissance.

Ce processus ne part pas de zéro mais il s’appuie d’ores et déjà sur deux axes parfaitement clairs : d’une part, il s’agit bien de « décroître », c’est-à-dire de repasser sous les plafonds de l’insoutenabilité écologique et de l’indécence sociale, il s’agit bien de résister à l’effondrement qui vient ; d’autre part, chacun peut s’y intégrer en suivant la modalité dans laquelle il se sent le mieux : les luttes de résistances (le Contre) comme les alternatives concrètes (le Pour), la présence dans le champ politique classique, sans oublier l’indispensable travail en profondeur et en radicalité d’une refondation politique et idéologique.

Nous qui avons débuté ce « processus », nous appelons tous les décroissants à s’y joindre pour le modifier, le discuter, le faire vivre, ensemble, de plus en plus nombreux.

A bientôt

http://processus-decroissance.xyz/

 

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La traction animale en grande surface

Une prospective à l’ère de l’anthropocène                                

 La possibilité d’une agriculture vraiment durable

 

430 millions de paysans dans le monde utilisent 112 millions d’animaux de trait, tandis que seulement 30 millions d’agriculteurs – dont 85% dans les pays du Nord – utilisent la traction motorisée; enfin, 800 millions de paysans n’ont que leur mains et ne disposent parfois que d’une houe ( source FAO 2010 ).

Malgré l’hécatombe provoquée par l’expansion continue de l’agriculture industrielle, les animaux de trait ( chevaux, buffles, mulets, bœufs, ânes ) contribuent encore à nourrir une part importante, sinon majoritaire, de la population mondiale, souvent sur des marchés locaux dans des pays dits «pauvres», où ils sont d’ailleurs utilisés comme unité de référence pour évaluer la valeur des choses importantes.

Pour la plupart des paysans, la traction animale reste le rêve le mieux partagé, bien que souvent inaccessible, tandis qu’en occident, malgré une timide renaissance, elle est majoritairement perçue comme l’archétype du retour en arrière pénible (1).

La «découverte» de l’anthropocène au tournant du millénaire – c’est à dire de la nouvelle ère géologique ouverte par les conséquences des actions humaines – devrait  inciter les occidentaux à modifier leur perception de la traction animale, pour redécouvrir les qualités de résilience et d’efficacité de cette low-tech par excellence.

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