Démocratie, sort et décroissance

Seules des assemblées populaires peuvent préparer une société de décroissance

 Beaucoup de démocrates sincères, y compris parmi les objecteurs de croissance, font toujours de l’élection un horizon indépassable de l’expression démocratique ( ce qui cautionne par ailleurs les guerres extérieures pour permettre la tenue « d’élections démocratiques » ). Ils attribuent en général les manquements démocratiques du système représentatif à sa mauvaise utilisation, à la manière d’élire, aux restrictions du suffrage, au non respect des promesses électorales, au manque d’éthique des élus, etc… mais jamais à l’élection en elle-même.

Pourtant, il nous faudra admettre que l’élection, qui légitime le système représentatif, est depuis ses origines un sérieux frein à la démocratie ; qu’elle comporte des traits oligarchiques jusque dans les partis ouvriers dès le 19° S. ( voir les classiques M. Ostrogorski, 1890 et R. Michels, 1911 ) ; que ces traits s’accentuent depuis plusieurs décennies et qu’ils participent à l’oligarchisation en cours des sociétés, au point qu’aujourd’hui « nous ne sommes déjà plus en démocratie, mais en oligarchie » ( H. Kempf, « l’oligarchie ça suffit.. », 2009 ).

Nous montrerons donc que l’élection possède intrinsèquement de solides propriétés aristocratiques incompressibles, qui font obstacle à une démocratisation politique ; et que les élites représentatives ont des difficultés structurelles à agir dans l’intérêt des petites gens. ( 1° partie )

Cependant, nous ne sombrerons pas – comme E. Chouard par exemple –  dans la vision « moniste » du tout ou rien ; nous renouerons avec la sagesse antique pour montrer que l’élection peut coexister avec d’autres modes de désignation, en particulier avec le tirage au sort, qui est intrinsèquement plus démocratique. Il nous faudra donc réfléchir aux conditions d’une complémentarité de ces deux modes de désignation. ( 2° partie )

Enfin, nous essayerons de démontrer que le tirage au sort d’une partie au moins du personnel politique est une condition politique indispensable à une décroissance effective des inégalités, à une appropriation populaire de la contrainte écologique, et à la possibilité de construction d’une société de décroissance sereine. ( 3° partie )

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