La traction animale en grande surface

Une prospective à l’ère de l’anthropocène                                

 La possibilité d’une agriculture vraiment durable

 

430 millions de paysans dans le monde utilisent 112 millions d’animaux de trait, tandis que seulement 30 millions d’agriculteurs – dont 85% dans les pays du Nord – utilisent la traction motorisée; enfin, 800 millions de paysans n’ont que leur mains et ne disposent parfois que d’une houe ( source FAO 2010 ).

Malgré l’hécatombe provoquée par l’expansion continue de l’agriculture industrielle, les animaux de trait ( chevaux, buffles, mulets, bœufs, ânes ) contribuent encore à nourrir une part importante, sinon majoritaire, de la population mondiale, souvent sur des marchés locaux dans des pays dits «pauvres», où ils sont d’ailleurs utilisés comme unité de référence pour évaluer la valeur des choses importantes.

Pour la plupart des paysans, la traction animale reste le rêve le mieux partagé, bien que souvent inaccessible, tandis qu’en occident, malgré une timide renaissance, elle est majoritairement perçue comme l’archétype du retour en arrière pénible (1).

La «découverte» de l’anthropocène au tournant du millénaire – c’est à dire de la nouvelle ère géologique ouverte par les conséquences des actions humaines – devrait  inciter les occidentaux à modifier leur perception de la traction animale, pour redécouvrir les qualités de résilience et d’efficacité de cette low-tech par excellence.

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